La caméra d'Annick Blavier, presque immobile, fixe, en suivant le long évènement courbé, une rencontre fortuite et passagère : dans le ciel réinventé, le croissant d'une lune traverse la Tour Eiffel, une nuit d'automne.
Nous sommes témoins d'une séduction préparée depuis les marges, complotée comme un glissement jusqu'au moment de sa jouissance, un coup de théâtre éclaboussé d'étincelles.
Quoique légèrement à l'écart et de très loin, quelque chose d'autre a lieu, auprès de nous, bougeant dans un souffle tout juste audible : l'histoire de la ville en fond sonore.
Se laisser porter par la lenteur si languissante qu'elle semble venue d'ailleurs, se laisser séduire et conduire à l'écart, mené par la paresseuse et fébrile attente, l'oeil saisi par le mouvement d'éventail d'une lune à travers des mailles de fer.
Aurélie Barre