Faire d'un événement, si petit soit-il, la chose la plus délicate du monde, le contraire de faire un drame ou de faire une histoire. Gilles Deleuze
MODE D'EMPLOI ALÉATOIRE
par Serge Meurant
sur la vidéo Le contraire de faire un drame
La vidéo d'Annick Blavier est constituée de fragments. Chaque séquence, brève ou longue, est séparée par un noir. Rythme visuel et sonore car le son est aussi important que l'image (bruits de moteur, du vent, chants d'oiseaux, etc.).
Le film est conçu comme un jeu de construction dont le point de départ pourrait être le paveur. Il s'agit de travaux de consolidation de la digue d'Ostende contre la menace d'une tempête. Noir. Une jeune fille manœuvre un cerf volant qu'on ne voit pas. Le cadre est celui de l'horizontale. Noir. Un couple s'étreint et s'avance dans la mer. Beauté d'un tourbillon rapide. Noir. Gros plan d'une bouche de femme qui prononce des mots inaudibles. Noir. Sur un écran d'ordinateur portable, le dialogue flou d'un couple, droit sorti d'une série, le tout situé dans un train qui roule à grande vitesse. Extérieur des murs d'un tunnel. Jeu de boîtes. Noir. Un chimpanzé dort sur de la paille. Émotion. Noir. Effets de filtre. Des poissons se découpent dans l'eau verte d'un aquarium géant. De grands arbres se profilent à l'arrière. Mystère. Noir. Une enseigne — étoile de métal — pivote sur le toit d'un building. La lune luit dans la nuit. Jeu de miroirs. Noir. Chacune des pièces de la mosaïque recèle un mystère, celui d'un regard.
18 décembre 2011