TRANSFRONTALIÈRE

Plasticienne, la technique n'a jamais été pour moi un but mais un moyen. Après des études de gravure à La Cambre (ENSAV), je commence à peindre. Vingt ans plus tard, consciente d'une certaine répétition dans cette pratique, je choisis la rupture. Tout en restant préoccupée par le concept de la trace, de la mémoire (collective ou individuelle), je prends alors mes distances par rapport à la peinture, n'étant plus convaincue par le choix de cette technique spécifique en rapport avec mon propos.

Depuis 2000, polymorphe, je mène de front la photographie, le dessin, les collages, l'édition de livres d'artistes et «d'opus de réflexions croisées», ainsi que la réalisation d'installations et vidéos, privilégiant le plus souvent le travail d'éléments hétérogènes et la mise en décalage de ces éléments.

«Le postmodernisme, a mis au jour tout ce qui, dans l'évolution récente des arts et de leur forme de pensabilité, ruinait l'édifice théorique du modernisme: les passages et mélanges entre arts qui ruinaient l'orthodoxie lessingienne de la séparation des arts: la ruine du paradigme de l'architecture fonctionnaliste et le retour de la ligne courbe et de l'ornement: la ruine du modèle pictural / bidimensionnel / abstrait à travers les retours de la figuration et de la signification et la lente invasion de l'espace d'accrochage des peintures par des formes tridimensionnelles et narratives, de l'art-pop à l'art des installations et aux “chambres” de l'art vidéo; les combinaisons nouvelles de la parole et de la peinture, de la sculpture monumentale et de la projection des ombres et des lumières; l'éclatement de la tradition sérielle à travers les mélanges nouveaux entre genres, âges et systèmes musicaux.» Jacques Rancière

L'idée de me mettre en danger m'est souvent apparue comme le point de départ d'un travail, d'un projet, d'une manifestation, l'idée de rencontre entre différentes professions et réseaux aussi.

Se déplacer sans cesse: il s'agit aussi d'être là où on ne vous attend pas.

Mise à jour le 26 novembre 2007
Travaux © Annick Blavier